Sur une planche de résine noircie, semblable à du bois brûlé, repose un œuf calciné. Cette création mêle terre, résine et feu, dans une matière sombre et rugueuse, pour représenter un monde consumé.
L’œuf, symbole de vie, est ici brûlé, fissuré, noirci – trace directe de la violence de la destruction. Il ne reste qu’une coquille vidée, figée dans les cendres, témoin silencieux d’une planète qui s’effondre sous le poids de la surconsommation, de la surexploitation des ressources, de l’indifférence collective. Tout s’enflamme : la forêt, les océans, les énergies, les espèces… Et au bout, il ne reste que poussière.
Mais dans ce décor de ruines, une plume blanche repose délicatement sur l’œuf calciné.
Blanche, légère, presque irréelle, cette plume symbolise la trace d’un colibri. Elle se pose en contraste total avec la noirceur de l’ensemble, comme une respiration dans le chaos. C’est l’espérance. Une lueur fragile, mais tenace. Une vie qui persiste, contre toute attente.
Légende du petit colibri :
Un jour, dit une légende amérindienne, la forêt prit feu.
Tous les animaux fuyaient, terrifiés. Tous, sauf un petit colibri, qui fit des allers-retours vers la rivière, portant à chaque fois une goutte d’eau dans son bec pour la jeter sur les flammes.
Un tatou, exaspéré, lui dit :
« Tu es fou, colibri ! Tu crois que tu vas éteindre l’incendie avec ces gouttes ? »
Et le colibri répondit simplement :
« Je fais ma part. »
Ce geste minuscule, face à un désastre immense, résume l’esprit de cette œuvre : il y a toujours une part que chacun peut faire.
Même dans les cendres, la vie résiste. Même dans l’effondrement, il y a place pour l’engagement.
L’œuf brûlé, accompagné de cette plume blanche, devient alors un appel à la conscience, une poésie engagée, une offrande de mémoire et de futur mêlés.
Exposition @eggxtraordinaire
94 créations, une seule thématique : l’œuf.
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